jeudi, 31 mai 2007
OGM : Juppé songe suspendre la vente du MON810
Le ministre de l'Ecologie veut "s'inspirer" de l'Allemagne qui a pris cette décision en évoquant "un danger pour l'environnement".
Sa collègue de l'Agriculture appelle à prendre "le temps de la réflexion".
Pris sur Rue89 le 25/05/2007 - 17h19
Le ministre de l'Ecologie Alain Juppé pourrait décréter un moratoire sur le maïs génétiquement modifié MON810. "L'Allemagne vient de suspendre l'autorisation du MON810. Dans ce cas précis, il faut s'inspirer du cas allemand", a déclaré vendredi le ministre au Parisien.
"On vient de découvrir que la sécrétion de la toxine qui est censée tuer l'insecte qui attaque le maïs se passe dans des conditions qui ne sont pas exactement celles qu'on attendait", explique Alain Juppé. En France, environ 30.000 hectares de cette variété sont cultivés, selon les déclarations de semenciers recoupées par les ONG. Commercialisé par le groupe américain Monsanto, le MON810 vise à protéger les cultures de la pyrale du maïs, une sorte de papillon dont les larves se nourrissent de l'intérieur des tiges de la plante.
L'Office allemand pour la protection des consommateurs (BVL) a indiqué vendredi que la commercialisation de semences de MON810 était suspendue. Motif : depuis l'autorisation donnée en 1998, de nouvelles études montrent que "la culture de MON810 représente un danger pour l'environnement".
La ministre française de l'Agriculture, Christine Lagarde, a tempéré les propos d'Alain Juppé. "Il ne faut pas se précipiter. Il faut se donner le temps de la réflexion avant une décision", a-t-elle déclaré sur BFM, ajoutant qu'elle évoquerait cette question avec son collègue "mercredi matin" à l'occasion du prochain conseil des ministres.
30.000 hectares semés
Christophe Terrain, président de l'Assemblée générale des producteurs de maïs (AGPM) a quant à lui dénoncé "une affaire politique" : "On n'est plus dans la rationalité. La rationalité devrait au contraire permettre d'accélérer le mouvement en faveur des organismes génétiquement modifiés car l'Europe va perdre sa compétitivité vis-à-vis des Etats-Unis". Par ailleurs, il "n'ose imaginer qu'on détruise ce qui a déjà été semé", soit 30.000 ha de maïs OGM, contre 500 ha en 2005 et 5000 ha en 2006.
Pour Arnaud Apoteker, responsable des campagnes OGM de Greenpeace, c'est tout le contraire : l'annonce du ministre "est une excellente nouvelle" mais "il faut maintenant empêcher les agriculteurs qui ne l'ont pas encore fait de semer et trouver rapidement un moyen d'indemniser les autres". "Le risque du MON810 est totalement indéterminé sur la chaîne alimentaire et sur les écosystèmes, pointe-t-il. Les études, totalement insuffisantes, de toxicité manquent absolument de pertinence."
Même position à la fédération France Nature Environnement (FNE) qui demande que la position du ministre "soit concrétisée, sans attendre, par la suspension de toutes les autorisations et mises en cultures d'OGM en plein champs". La question des OGM sera un des thèmes abordés lors du "Grenelle de l'environnement", prévu à l'automne prochain.
22:20 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Juppé, Monsanto, OGM, MON810









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